Vous êtes ici:Accueil » Psycho » Faim, quand notre cerveau nous leurre…

Faim, quand notre cerveau nous leurre…

Vraie ou fausse faim, faim de loup, faim désir, faim pendule… notre cerveau, par le biais de notre inconscient, nous envoie parfois des signaux brouillés qui ne relèvent pas des mécanismes biologiques d’un véritable besoin alimentaire. Alors, pour manger à bon escient, à nous de savoir en décrypter les différences…

dessin bi 82.indd

Tout comme notre appétit qui n’est pas toujours en rapport avec nos dépenses énergétiques, nos besoins en calories ou l’ampleur de nos réserves de graisse, notre désir de manger ne correspond pas forcément à un besoin de notre corps de recharger ses batteries. La sensation de faim, l’attirance pour certains aliments, les fringales ou les envies sont gérées avant tout par notre cerveau… notre niveau de stress, nos habitudes et nos états d’âme.

La faim véritable
Cette pulsion naturelle à rechercher de quoi se nourrir est activée depuis la nuit des temps par notre cerveau lorsque notre corps à besoin de se recharger en énergie. Des chercheurs américains ont récemment découvert que le déclencheur de cette «vraie faim» s’avérait être un groupe de cellules grises situées dans l’hypothalamus, qui s’activent en fonction des besoins réels du corps. Quand le corps est en manque de carburant et que le taux de sucre dans le sang commence à être trop bas, l’estomac et le pancréas produisent une hormone, la ghréline, qui va stimuler les cellules pour qu’elles produisent un neuropeptide (l’AgPR), qui va lui-même provoquer des réactions neurochimiques en chaîne et entraîner la sensation de faim. Notre corps va alors nous envoyer des signaux clairement perceptibles qui vont très progressivement monter en puissance, tels que des gargouillis dans l’estomac accompagnés parfois de petites crampes, une baisse d’énergie ou des difficultés de concentration. Si nous mangeons lentement en mastiquant bien, le corps se rassasie, les réserves en énergie se reconstituent et le tissu adipeux blanc se met à produire une autre hormone, la leptine, qui envoie au cerveau le signal de la satiété (on n’a plus faim et on se sent bien). Celui-ci produit alors de la sérotonine, hormone de la récompense et du bien-être, qui nous indique que la dose de nourriture nécessaire au fonctionnement de notre corps est atteinte. Pour en être certain, il faut attendre environ quinze minutes après un repas léger et voir si la sensation de faim a disparu. Si oui, le signal de satiété a bien été envoyé par le cerveau. Si non, on peut alors compléter son repas par un fruit ou un yaourt nature, par exemple.

La faim pendule
Si, depuis notre petite enfance, nous avons été habitués à manger à heures fixes ou si nous prenons l’habitude de grignoter tous les jours à la même heure, notre cerveau déclenchera un signal de faim chaque jour à cette heure précise afin de réclamer son dû, même si le niveau de ses réserves est encore bon. C’est ce que les spécialistes appellent la «faim pendule», une forme d’habitude encrée dans l’inconscient, mais qui ne relève pas d’un réel besoin de l’organisme. Elle est typique des personne habituées à manger quelque chose à dix heures ou à l’heure du goûter. Pour la combattre, un seul remède: cesser les grignotages qui relèvent plus de l’habitude que du besoin, et résister! La faim pendule finira par disparaître d’elle-même avec le temps, le tout est de ne pas céder à cette envie irrépressible.

La faim par manque d’éléments nutritionnels
On a tendance à l’ignorer, mais les aliments raffinés (tels que le pain blanc ou les aliments très sucrés) et les plats industriels tout préparés que nous consommons par facilité sont souvent riches en sucre et en sel, mais pauvres en fibres et en éléments nutritionnels indispensables au bon fonctionnement de notre organisme. Ces plats sont donc rapidement digérés sans apporter au corps les nutriments qu’il demande, et, en peu de temps, la faim reprend le dessus, ce qui nous pousse à consommer encore plus de nourriture. Leur haute teneur en sucre pose, elle, un autre problème, celui d’une augmentation brutale du taux de glycémie. Cette envolée glycémique induit en effet une importante sécrétion d’insuline par le pancréas afin de réduire l’excès de sucre dans le sang. Résultat? Une hypoglycémie réactionnelle conduit notre cerveau à réactiver les signaux de faim, nous incite au grignotage et peut se produire à répétition! La solution toute simple est donc de choisir des aliments frais et sains et de consacrer un peu de temps à leur préparation (même si ce ne sont que des légumes congelés).

dessin bi 82.indd

La fausse faim et ses déclencheurs
Si une faim de loup se déclenche soudainement, que l’odeur des petits plats de la voisine nous fait saliver devant le frigo ou qu’une contrariété nous pousse tout à coup à nous jeter sur le premier aliment venu, on peut alors parier sur une fausse faim. La meilleure façon d’en être certaine? Si vous avez une envie soudaine de chocolat, mais que la pensée d’une salade de concombre vous révulse, alors, oui, c’est une fausse faim!

La faim désir
Déclenchée le plus souvent par une stimulation (positive) venue de notre environnement, elle nous fait saliver par réflexe à la vue d’un aliment que l’on aime, ou au souvenir d’un excellent repas (nous avons gardé en mémoire le plaisir que nous avions alors ressenti), ainsi qu’à la vue d’une pâtisserie dans une vitrine, à celle d’une publicité télévisée ou à la lecture d’une recette prometteuse… par anticipation. Et comme le fait de saliver est un des éléments déclencheurs de la faim, la «faim désir» peut survenir même si notre corps n’en a nul besoin. Partiellement inconsciente, elle peut conduire à des excès alimentaires, voire à une dépendance au plaisir que le fait de manger nous apporte alors. La solution? Dès qu’elle se déclenche, il faut tromper notre cerveau pour lui permettre de faire diversion en lui offrant une autre source de plaisir immédiat comme rire, penser à un évènement heureux sans rapport avec la nourriture, écouter de la musique ou s’offrir une nouvelle paire de chaussures…

La faim émotionnelle
Stress, déception sentimentale, solitude… nos états émotionnels peuvent également nous amener à compenser nos angoisses et notre anxiété par l’absorption d’aliments de préférence sucrés. En effet, tout comme une drogue, le sucre stimule les récepteurs opioïdes de notre cerveau et induit ainsi la production de dopamine, neurotransmetteur associé à la satisfaction et au plaisir. Cet état pouvant aller jusqu’à une accoutumance et une réelle dépendance au sucre: pour avoir plus de plaisir, on doit stimuler de plus en plus les récepteurs. On mange donc de plus en plus de sucre dont l’effet passe de plus en plus vite et nous culpabilise (en plus) pour la prise de poids qui en résulte… et crac, c’est le cercle vicieux! Un effet décuplé si le sucre est en plus mélangé à de la matière grasse comme dans les pâtisseries ou les glaces, si on y ajoute du sel et si on mélange les textures (moelleux + croquant, les caramels ou le chocolat au gros sel par exemple), car cela décuple la sensation de plaisir sensoriel et gustatif. Et c’est ainsi que manger devient un calmant et une manière de combler un vide affectif. La solution: se trouver des centres d’intérêt, se faire des amis, sortir, marcher et s’octroyer de bonnes nuits de sommeil, car des nuits trop courtes (moins de six heures) augmentent significativement la production de ghréline, la fameuse hormone de la faim…

dessin bi 82.indd

Si cet article vous a donné faim, alors, n’hésitez pas, jetez-vous sur une grande assiette d’épinards, riches en fibres et en thylakoïdes dont des chercheurs suédois ont récemment démontré qu’ils ralentissaient la digestion et évitaient le grignotage. Et si vous craquez quand même sur une plaque de chocolat ou un paquet de gâteaux, rappelez-vous que ce sont les premières bouchées et elles seules qui procurent la plus grande extase!

Apprendre à bien manger
*Mastiquez chaque bouchée en faisant passer les aliments des deux côtés de la bouche.
*Posez couteau et fourchette entre chaque bouchée.
*Aussi souvent que possible, essayez d’espacer chaque bouchée pour manger en minimum 20 minutes.
*Si vous prévoyez de manger tard, prenez une petite collation. Cela vous évitera d’avoir une faim de loup au moment du repas et d’engloutir en deux minutes le contenu de votre assiette.
*Évitez de lire ou de regarder la télévision en mangeant pour rester concentrée sur ce que vous mangez.
*Focalisez-vous sur les saveurs. Elles procurent plaisir et réconfort. En leur prêtant une réelle attention, vous mangerez moins vite et éviterez ainsi de manger en trop grande quantité.

Be Sociable, Share!

    Laisser un commentaire

    *

    © 2011 Powered By Wordpress, Goodnews Theme By Momizat Team

    Faites défiler en haut de page